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L E I P dans une classe à plusieurs niveaux par Mme Nathalie ANDRE, Professeur des écoles Jenseigne dans une école rurale où une classe représente un cycle entier. Actuellement, jai en charge la classe de cycle (CE2-CM1-CM2). Dans une telle structure, la pédagogie par cycle prend tout son sens. Lenfant précoce peut évoluer à son rythme et est davantage stimulé. En effet, au début du cycle III, sont jetées toutes les bases des apprentissages en matière de maîtrise de la langue orale et écrite et en mathématiques. Or, ces notions sont largement reprise en deuxième et troisième années du cycle III, avec évidemment un degré de complexité plus important. Nous savons que ce qui favorise lennui chez les EIP, cest la répétition dexercices qui napportent pas de nouveauté pour eux. Les enfants précoces nont pas besoin de cette répétition, ils peuvent avoir accès directement à la notion plus complexe. De plus, par ce biais, on favorisera la mise en place de stratégies dapprentissages, de méthodes, de décomposition de raisonnement, qui leur sont nécessaires par la suite, au niveau du collège. Limportance de mettre en place une méthode ne sera ressentie par lEIP que sil est face à ne tâche complexe et non pas dans la répétition. Dans ce type de classe, le travail de lenseignant va consister à évaluer et à structurer les acquisitions de lenfant. Il faut permettre à lenfant dunifier autant que possible son niveau dans chaque domaine ; ceci en prenant en considération la matière de « prédilection » et en amenant une matière plus en deçà à évoluer vers la première. Par exemple, on peut se servir dune prédisposition scientifique pour amener un enfant peu lecteur sur le chemin de la littérature de science-fiction. Il sagira alors pour lenseignant de structurer cette « faiblesse » et den faire sentir la nécessité à lenfant précoce. Mis dans cette situation, il ne peut plus se fier uniquement à son intuition. Cela peut paraître fastidieux pour cet enfant qui na peut-être jamais été confronté à la difficulté ; il ne connaît pas cet effort à produire. Lenseignant devra rester vigilant et rassurant pour que cette phase dapprentissages soit constructrice dune évolution dans la façon dapprendre ; il ne sagit pas de mettre lenfant dans une position déchec. On lui laisse la possibilité daller plus vite dans la construction des apprentissages mais il ne peut en aucun cas en faire léconomie. La classe à plusieurs niveaux a ceci davantageux que lenfant nest pas obligé de changer denvironnement (maître/maîtresse et camarades) pour pouvoir disposer de cette souplesse. Lorsquune compétence nest pas bien assurée, on peut le faire profiter de la construction de cette notion avec le groupe de niveau inférieur. Il naura pas, par la suite, besoin du temps de répétitions, du nombre important dexercices dapplications nécessaires aux autres enfants. Enseigner dans une classe à plusieurs niveaux ne demande pas un travail supplémentaire très important pour lenseignant, pour pouvoir sadapter à lenfant précoce. En effet, il suffit de le faire basculer dans les différents groupes. De plus, la mixité des âges lui permet dêtre confronté à des enfants plus âgés. Pour ceux-ci, il me semble important de comprendre et daccepter cet enfant qui na pas le même âge biologique queux mais qui a accès aux compétences requises de leur âge intellectuel. Laspect dintégration sociale et affective me semble être également un vecteur essentiel de leur réussite. Pour ces raisons évoquées, je dirais, en conclusion, que les textes en vigueur pour lécole primaire (la pédagogie par cycles), laissent la possibilité pour ces enfants dévoluer à leur rythme. La classe à plusieurs niveaux favorise leur épanouissement. Il semblerait, que dans le primaire, nous disposions des outils et que ce nest alors quune question de volonté de mise en application...
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